Fils spirituel de Sainte Thérèse de Lisieux
1928 - 1959
Fête le 10 juillet
C'est dans un petit village du Nord Vietnam que Joachim Nguyên Tan Van voit le jour en mars 1928, au cœur d'une famille profondément chrétienne
qui comte alors trois enfants. Une petite sœur viendra plus tard l'aggrandir. Les premières années de la vie de Van s'écoulent paisiblement et joyeusement entre un papa tailleur et très
attentionné pour sa famille, et une maman gratifiée d'une grande foi. Il reçoit de sa maman le meilleur de son éducation. espiègle, hypersensible, entêté, attentif à la douceur, tel est le
portrait que sa maman fait de Van. En grandissant, d'immenses désirs naissent dans son cœur et déjà à 4 ans, il veut être un saint. Il saisit au passage tout ce qui peut le faire grandir
humainement et spirituellement. Il se passionne pour les récits de la vie des saints. A l'âge de 6 ans, il fait sa première communion et demande alors deux grâces à Jésus : la pureté, pour
L'aimer de tout son cœur, et d'accorder à tous les hommes une fois solide et parfaite.
Dès le début de sa scolarité arrivent les années de douleurs , marquées par l'injustice, l'humiliation, la souffrance, d'autant plus révoltantes et blessantes qu'elles viennent
d'instituteurs catholiques, de catéchistes et de prêtres attiédis et mal intentionnés. Sa candeur et sa nature confiante en sont profondément marquées. Seule la récitation du Chapelet lui permet
de goûter un peu de joie puisée dans le Cœur de Marie. Van a dix ans . Loin de se révolter, il va offrir ses souffrances. Naît en lui un amour profond pour le sacerdoce.
Les mauvais traitements qu'il reçoit le forcent à s'enfuit du présbytère où il demeurait. Une vie d'errance commence pour lui : il mendie, vagabonde, dort à la belle étoile et manque même
d'être vendu comme esclave. Il décide de retourner dans sa famille où il ne reçoit pas un accueil très chaleureux. Ses parents sont mécontents de sa fuite. Cette série d'épreuves le fait
désespérer. Il en vient à se considérer comme un être méprisable et à se demander comment Dieu peut l'aimer. C'est en Marie qu'il retrouve la confiance.
Le jour de Noel 1940, il reçoit le « cadeau de l'amour » : pendant la messe, il comprend que, en puisant sa force dans l'amour, il peut changer la souffrance en bonheur. Van est
transformé par cette révélation. 1942, il est accueilli chez les Rédemptoristes à Saigon où il trouve enfin sa place. Il reçoit le nom de Frère Marcel. A la lecture de « L'Histoire d'une
Ame » de Sainte Thérèse de l'Enfant – Jésus et de la Sainte Face, il découvre un nouveau chemin de sainteté. Tout ce qu'il pressentait d'une relation intime avec Dieu, il le retrouve dans
les lignes de l'ouvrage.
Il est alors gratifié de toute une série de rencontres avec Sainte Thérèse de Lisieux qui lui apparaîtra à plusieurs reprises. Sa « Grande Sœur » l'invite à devenir comme elle, un apôtre caché de l'amour indestructible de Dieu : « Avec mes mains qui nettoient les marmites, j'ai le pouvoir de sanctifier le monde. » Le Christ lui confie ce qu'il attend de lui : « Au Ciel, Je te donnerai pour mission d'aider ta Grande Sœur Thérèse à inspirer au monde sa confiance en Mon Amour. »
Septembre 1954, Van est envoyé à Hanoï-Nord Vietnam – dans une autre communauté Rédemptoriste : des fidèles
ont choisi de rester au nord, malgré l'exode forcé par la venue du régime communiste. Après quelques semaines, il écrit à sa petite sœur : « Il faut qu'il y ait quelqu'un qui aime le
Bon Dieu au milieu des communistes... Je me tiens toujours prêt à être emmené dans un endroit secret pour y être mis à mort… Prie beaucoup pour m'obtenir le courage de tout endurer jusqu'à la fin
… »
En mai 1954, Van est arrêté et accusé de propagande pour le Sud Vietnam. Vont s'ensuivre des mois d'emprisonnement, de tortures et de souffrances, de cachots en prisons et de prisons en camps.
Malgré cela, il continue à transmettre le « bonheur indestructible » dont il vit, à tous ceux qui l'entourent. Il demande dans ses lettres des médailles, chapelets et hosties
consacrées : « Nous avons faim de l'Amour Divin… » Ainsi l'apôtre caché de l'amour répand l'amour à profusion.
Après une escapade pour aller chercher des hosties consacrées dans un village voisin, Van est pris, battu et enfermé dans un cachot malsain pendant deux ans. En juin 1959, il sort rongé par la
tuberculose. On le relègue dans un dortoir où parmi ses voisins de lit, se trouve le Vicaire Général du Diocèse d'Hanoi. Croyants et incroyants sont bouleversés par le courage de Van face à la
souffrance. Après trois semaines d'agonie, le Vicaire l'accompagne dans ses derniers instants et lui donne l'absolution. Le 10 juillet 1959, le « Petit apôtre caché de l'Amour » finit
sa course dans les bras du Père. Il avait 31 ans. Aujourd'hui son procès de béatification est en cours.
http://www.amisdevan.org/

e l'infirmerie,

Il se laisse alors fléchir, mais exige un « examen sévère ». Lorsqu'on amène Anne de Guigné au père Perroy, le supérieur des jésuites chargé de l’interroger, il
commence par s’y refuser. « Elle est beaucoup trop petite. C’est un bébé ! Que Madame de Guigné vienne me parler, je m’arrangerai avec elle. Bientôt les mamans voudront faire communier les
enfants avant qu’ils sachent marcher ! » II cède enfin. Et, pendant une demi-heure, il l'interroge. Les questions du catéchisme d’abord, puis, comme l'enfant ne commet aucune erreur, il entame un
dialogue plus libre. Saisi par les réponses de l'enfant, le jésuite se rend à l'évidence : « Madame, dit-il à sa mère, non seulement elle est prête, mais je souhaite que vous et moi soyons
toujours au degré d’instruction religieuse de cette enfant-là.»







