« Chercher avant tout à être heureux », c’est pas super original quand même !
Ce qui est original par contre, c’est déterminer ce que ça veut dire pour nous « être heureux », si ça veut dire quelque chose d’ailleurs… Mais c’est complètement impossible de déterminer ça, il y a tant de bonheurs différents, « à chacun son bonheur » après tout. C’est pas ça qui nous empêche de réfléchir 3 minutes.
Allons voir chez les sages : si on en croit André Vingt-Trois, ça consiste à se mettre au service les uns des autres, bon il est mignon Dédé mais pas très funky, y’a qu’à le regarder.
Allons voir chez Saint Paul c’est une référence après tout : « à chacun la manifestation de l’esprit est donnée en vue du bien commun ». Ah… ça veut dire quelque chose ça ? il y a un rapport avec le fait d’être heureux ? C’est bien…
Autre possibilité = petit retour sur expérience.
Avril 2008, soirée théâtre de mon école, grand projet, moteur des derniers mois, tout le monde au taquet depuis le début de l’année. Ça se passe à perpète pourtant on est tous là à 8h pétantes ! Préparatifs intensifs pendant les 11 heures qui suivent. Disposition du théâtre pour accueillir 1000 personnes, préparation du buffet, ( ça c’est pour l’aspect chiant, même si quand on prépare des petits fours à 17, on s’éclate quand même plus) ! Et puis après faut répéter la 1ère partie, la 2ème partie. Faut commencer à accueillir les gens en préparant en même temps les acteurs en les maquillant par exemple, faut gérer les décors, les lumières, les costumes, s’entendre avec ceux du théâtre, servir le buffet, s’occuper des mecs bourrés, déstresser ceux qui s’apprêtent à rentrer sur scène, filmer la représentation, photographier tout le monde… Sans compter tout ce qu’il a fallu faire avant : trouver un théâtre, le louer, trouver de quoi financer, envoyer les invites’, faire le programme, répéter et encore répéter… Sans compter tout ce qu’il faut faire après : ranger, nettoyer, débarrasser…
C’est clair que ça a pas l’air comme ça, mais quand t’es dedans, tu la sens bien passer quand même la soirée théâtre. Bon, je raconte ma vie, on s’en fout, ce qui est important c’est de savoir qu’on s’y est tous mis, et de voir ce qui s’est passé à la fin.
Le rideau tombe. La salle explose littéralement. Le rideau s’ouvre. On est tous là. Sur la scène. On se regarde comme des cons : ceux qui sont restés dans l’ombre toute la journée, sans qui rien n’aurait pu se faire, ceux qui étaient en pleine lumière, sans qui rien ne se serait fait. Et puis on sait pas ce qui se passe mais, devant 1000 personnes déchaînées, on pète un câble, on se met tous à hurler, battre des mains, sauter partout, lancer des chenilles géantes.
Et là, tous ceux qui sont sur scène disent : « wow » ; pensent : « je suis trop heureux » constatent « c’est complètement ouf ! »
C’est ce qu’on appelle la joie du Bien Commun, c’est pas le bonheur d’un pauvre pelé paumé dans son coin, c’est celui de tous et ça a rien à voir. Chacun est capable d’accomplir quelque chose pour le bien de tous, chacun est doté par « l’esprit » d’un charisme en vue du Bien Commun.
Et c’est là qu’on rejoint « Dédé », se mettre au service les uns des autres, ça veut dire viser ensemble le Bien Commun et tout faire pour l’atteindre. Ce bien - comme les moyens pour l’atteindre - peut prendre différentes formes, tout dépend du contexte. Et quand tu l’atteins, c’est un truc de barge…
Bon en langage technique, ça s’appelle la « communion des saints » ou le « dogme du corps mystique », mais on s’en tape.















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